Le Sacré-Coeur et le Sang

22 Mars 2017, un débat ancien refait son apparition dans l’opinion publique française. La Sacré-Coeur, symbole de la beauté architecturale parisienne au même titre que la Tour Eiffel et Notre-Dame de Paris, est au coeur des causeries. Au menu, un gauchiste souhaitant à la base faire une blague crée une polémique. Il dénonce : «Il faut raser le Sacré-Coeur, cette verrue versaillaise qui insulte la mémoire de la Commune de Paris ».

     Mais quel est donc le problème de cet édifice surplombant Montmartre ?

     Remontons l’histoire. Nous sommes en Mars 1871, le petit peuple parisien se révolte contre le gouvernement français, jugé responsable de la défaite face à la Prusse en Septembre 1870 et du malaise social dans le pays. La communauté parisienne se rebelle et fonde le 18 mars 1871 la Commune de Paris. Adolph Thiers et les Versailles veulent reprendre le contrôle de la ville de Paris, les combats sont féroces.

     Malheureusement, les Communards ne résistent pas aux canons des Versailles qui les écrasent pendant la semaine sanglante (du 21 au 28 mai) qui fait plus de 10 000 morts chez les Communards. Ces derniers laissent la ville de Paris aux mains des Versaillais. C’est la fin d’une idée, d’une utopie.

     Choqués par le désordre provoqué par la Commune de Paris, Adolph Thiers et les Versaillais veulent montrer leur réaction face aux troubles provoqués par la Commune. L’homme d’Etat décide alors de construire un édifice qui sera le symbole du retour à l’ordre, à la catholicité. Déjà, en janvier 1871, Alexandre Legentil, initiateur du projet de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre avec Hubert Rohault de Fleury, disait : « En présence des malheurs qui désolent la France et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore. […] Nous promettons de contribuer à l’érection à Paris d’un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus. »

      Ainsi, le Sacré-Coeur apparaît clairement comme une façon « d’expier les crimes de communards » et de créer un nouvel ordre face aux troubles provoqués par la Commune. Cet édifice est perçu encore aujourd’hui comme une manifestation anti-gauchiste et anti-révolutionnaire pour ceux qui, ont cru en la Commune et pleurent leurs morts.

    Ce monument, c’est le symbole du retour à l’ordre et à l’autorité spirituelle catholique. Mais, cet édifice est aussi le symbole de la beauté de Paris, du rappel de l’épisode révolutionnaire de la Commune et des imaginaires développés à cette époque. De même, il ne faut pas oublier que la Commune a détruit nombre de bâtiments symboliques comme le Louvre, les Tuileries ou encore l’hôtel de ville. A nous de nous rappeler les excès dans lesquels tombent certains gauchistes et ne pas reproduire les erreurs du passé.

        Gauchistement votre,

        Le Gauchiste.

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