Le Blanquisme, symbole du socialisme français sous la Commune

 Blanqui le révolté

Louis-Auguste Blanquisme naît en 1805 près de Nice et monte à Paris à ses treize ans. Dès les années 1820, il participe au mouvement carbonariste. Le but de ce mouvement est de lutter contre la Restauration de la Monarchie en France après la chute de Napoléon en 1814. Le jeune Louis-Auguste participe peu à ce mouvement mais observe. Déjà, il prend pour modèle la violence de cette organisation contre le pouvoir même si celle-ci n’est jamais parvenue à ses fins.

La carrière de révolté de Blanqui démarre véritablement en 1830. Il participe aux barricades pendant les Trois Glorieuses. Déjà à l’époque, en 1832, il s’exclame : « Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. »

(Louis-Auguste Blanqui)

En 1839, il fait partie de la révolte avec Armand Barbès, qui prend le Palais de Justice et occupe l’Hôtel de Ville. Il est condamnée à mort en 1840 et est finalement gracié en 1844 car très malade. Il participe à la journée révolutionnaire du 15 mai 1848 et est condamnée à 10 ans de prison.

C’est lors de la Commune de Paris que l’idéologie blanquiste atteint son apogée. Dans un premier temps, il aide les Républicains à s’installer au pouvoir avec la fondation de la IIIème République le 4/09/1870. Mais, rapidement, le gouvernement ne répond pas aux attentes de Blanqui. La République française semble abdiquer petit à petit face aux Prussiens et ne daigne pas armer la population française par peur de sa révolte. C’est dans ce contexte que le révolté organise la journée du 31/10/1870 avec Flourens et Millière contre le gouvernement, jugé torp attentiste.

A travers sa révolte, quelle théorie socialiste se dégage du comportement de Louis-Auguste Blanqui ?

     Blanqui le Penseur : Le Blanquisme

Conformément à ce qui se dégage ci-dessus, Louis-Auguste Blanqui était un homme d’action, certainement plus qu’un homme de réflexion. Il reste finalement peu d’idées de ce qu’était le « blanquisme ». Engels décrit cet l’homme politique et son idéologie ainsi : « Blanqui est essentiellement un révolutionnaire politique ; il n’est socialiste que de sentiment, par sympathie pour les souffrances du peuple, mais il n’a pas de théorie socialiste ni de projets pratiques de transformation sociale. Dans son activité politique il fut avant tout un « homme d’action » qui croyait qu’une petite minorité bien organisée pourrait, en essayant au bon moment d’effectuer un coup de main révolutionnaire, entraîner à sa suite, par quelques premiers succès, la masse du peuple et réaliser ainsi une révolution victorieuse. »

Pour Blanqui, la révolution ne peut permettre de mettre en place les aspirations du peuple que par la violence. Dans le blanquisme, la révolution ne peut se faire que par un petit groupe qui donnerait un « Coup de main » pour aider le peuple vers sa destinée. Après le succès d’une révolution, les révolutionnaires commenceraient alors à mettre en place un nouveau système socialiste.

Toute la critique marxiste pointe du doigt le fait que le blanquisme confond totalement l’idée de révolution et l’idée d’insurrection. L’insurrection fait certes partie intégrante de la révolution mais elle n’a de sens et elle ne peut avoir de succès que dans la cadre d’une révolution. L’idée de révolution sous-entend qu’il faut préparer cet évènement et ne pas se ruer à la révolte sans avoir entièrement préparé toutes les étapes de la révolte et ce qui suit. Antonio Gramsci, membre fondateur du Parti Communiste Italien expose cette différence à travers les idées de guerre de position et guerre de mouvement. Selon, l’intellectuel italien, une révolution socialiste s’articule autour de deux points : Guerre de position et Guerre de mouvement. Cette terminologie empruntée au vocabulaire de la Première Guerre mondiale laisse entrevoir que, pour mener à bien une révolution socialiste, il faudrait d’abord mener une guerre de position avant de procéder à la guerre de mouvement. Dans le processus de la guerre de position, Antonio Gramsci préconise de préparer la révolution en éduquant les masses et en leur apprenant les bienfaits du socialisme. C’est après ce premier temps long et besogneux que peut commencer la guerre de mouvement où, les masses, désormais éduquées et acquises à l’idéologie socialiste, peuvent mener à bien une guerre de mouvement et une révolution réussie.

Dans le cadre de la Commune, rien ne laisse supposer que les Communeux aient été d’accord avec l’idéologie socialiste et que leur révolte soit le fruit d’une volonté d’établir un état socialiste. La Commune correspond plutôt à une période historique où une population, sous la pression de la guerre et des conditions de vies difficile, a voulu se rebeller contre l’ordre mais avec des aspirations très différentes. Dans sa fougue, Louis-Auguste Blanqui crut avoir une masse acquise à sa cause et sachant exactement quoi faire après la prise du pouvoir. Or, la Commune fut un désordre immense, certainement à la hauteur du désordre de la pensée blanquiste.

Dans sa postérité, le blanquisme est associé à une manière bancale et non réfléchie de mener une révolution. Dans les faits, le blanquisme est le reflet de l’idéologie partagée par les Communards qui, sans avoir trop réfléchi avant de mener leur révolution, se sont rebellés et ont pris le pouvoir par la force, ne sachant pas nécessairement quoi en faire par la suite.

(Louis-Auguste Blanqui)

Louis-Auguste Blanqui fut surnommé « L’enfermé » car il passa 36 ans de sa vie en prison. Beaucoup éprouvèrent une grande admiration pour lui (Louise Michel notamment) de part son courage, son dévouement, son abnégation et son engagement dans les luttes du XIXème siècle aux côtés de ceux qui ont lutté pour un monde plus juste et plus libre.

Gardons en mémoire qui était Louis-Auguste Blanqui, son oeuvre et surtout son esprit de révolte.

Gauchistement votre,

Le Gauchiste

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