Médecin, physicien, journaliste

       Médecin

La carrière de Marat démarre en tant que médecin. Cette période de sa vie est très négligée est utilisée par ses adversaires pour l’accuser d’être un mauvais médecin si ce n’est un charlatan. Heureusement, les archives démontrent qu’il a vraiment été un médecin et même un bon médecin.

Son premier cabinet médical se trouve sur Church Street, dans le quartier de Soho. Sa clientèle est constituée d’aristocrates à Paris à partir de 1776 quand il rentre en France. Il avait ses diplômes (Cf. son diplôme en Ecosse le 30/06/1775).

Marat fait partie des précurseurs de la médecine du XIXème siècle en passant notamment de la question  « Qu’avez-vous ? » à du « Où avez-vous mal ? » comme le décrit Michel Foucault.

  

    Physicien

A la fin des années 1770, il s’intéresse à la physique (à la chaleur plus précisément) en plus de ses études de médecine. Marat est encore une fois discrédité par Thermidor à l’opposé de Lavoisier. Jean-Paul Marat est assimilé à Rousseau qui estime que la science n’a pour l’instant pas vraiment aidé à l’amélioration du sort de l’homme.

Le summum de son activité intellectuelle se situe entre 1778 et 1782. Il côtoie les milieux intellectuels. Goethe  est même plutôt favorable à Marat. Le subversif natif de Suisse critique avec virulence l’Académie des sciences qui supporte peu ses idées politiques dans son pamphlet Les Charlatans modernes (1791). S’attaquer à l’Académie des sciences, c’est s’attaquer à la monarchie. Déjà, l’activité de Marat a ses visées politiques.

    Journaliste et pamphlétaire      

Il publie De l’homme (1775) sur lequel il y a les critiques littéraires de Voltaire et Diderot. Le futur montagnard entre dans la loge maçonnique de Soho à Londres le 15/07/1774. Il écrit Les chaines de l’esclavage (1774) à Londres. L’ambiance lui semble plus libre, c’est pour cela qu’il écrit là-bas.

Son texte Offrande à la patrie (01/1789) est réformiste et soutient les rois réformistes. Il pense que si une République est proclamée, elle sera accaparée par les bourgeois qui sont des ennemis de la révolution. Marat veut donc temporiser avant de passer à une révolution sociale plus large.

Il démarre son journal L’Ami du peuple en 1789. Ce journal représente bien les aspirations du peuple et la fureur du peuple de Paris. Marat est davantage séduit par le subversif Rousseau que par le groupe Voltaire, Diderot, D’Alembert. Le 12/09/1789 est paru le premier numéro de L’Ami du peuple qui lance vraiment la carrière journalistique de Marat.

Avec son journal L’Ami du peuple, Marat cherche l’amitié des sans-culottes et globalement de la classe révolutionnaire. L’Ami du peuple devient vite révolutionnaire avec l’envie de tout renverser. Très rapidement pour Marat, l’Assemblée nationale et la Commune de Paris deviennent des ennemis de la révolution.

Les apports de Marat

En dehors de ses activités scientifiques et journalistiques, la période 1789-1793 est l’occasion pour Marat de montrer et de mettre en application ses idées politiques dont un certain nombre sont novatrices.

       Question de l’organisation politique

Les chaines de l’esclavage (1774) témoigne de la cohérence de Marat de 1774 à sa mort en 1793. C’est un livre important pour comprendre les idées de Marat sur la Révolution française. D’autres comme Restif de la Bretonne proposaient aussi des mesures communisantes. La différence avec Marat est qu’il propose des mesures concrètes de révolte. Marat parle des insurrections en disant qu’il faut un groupe avec une conscientisation révolutionnaire plus élevée que les autres pour faire de la propagande.

Jusqu’à mi-janvier 1791, il s’intéresse à l’organisation politique. il veut créer des clubs pour encadrer les processus révolutionnaires. Il veut que ces groupes prennent ensuite le contrôle de l’Assemblée nationale et de la Commune de Paris.

Les fédérations se créent à partir de 1790. Marat est considéré comme une sorte de « père des sociétés fraternelles. » En 1791, Marat est vu comme un stratège politique, il sait s’enfuir. Desmoulins est impressionné par sa lecture de l’histoire et sa capacité à prévoir les complots.

         La lecture de l’histoire

Marat a eu cette faculté de comprendre beaucoup de mouvements de l’histoire. Le 26/07/1790, le brochure « C’en est trop de nous » explique que Louis XVI veut s’enfuir de Paris, ce qu’il fera un an plus tard. Il prévoit dans le même temps un certain nombre de révoltes inéluctables en fonction des évènements. Le 08/1790, les révoltes reprennent avec des désaccords profonds et irréconciliables au sein de la Garde nationale, ce que Marat avait prévu.

Marat parle subitement de purger l’armée de 1790 qui est remplie d’éléments contre-révolutionnaires. Il prévoit qu’il y  des bains de sang et il y en a peu de temps après à Nancy entre le 5 et le 30 août 1790. Pour l’écrasante majorité des Parisiens, les soldats de Nancy ont bien fait de se révolter et ont été injustement massacrés. Désormais, on ne peut soutenir à la fois Mirabeau et Marat.

         Critique sociale radicale et lutte des classes

Toutes ses activités de médecin, physicien et journaliste trouvent une cohérence globale lors de la période révolutionnaire. La grande différence entre Marat et les autres figures de la révolution, c’est que c’est un fervent défenseur de la lutte des classes. Il est très en avance, il disait aux colonisés des colonies françaises de massacrer leurs oppresseurs.

Pour lui : « La grande ironie de la Révolution française est que la classe sociale qui l’a déclenchée est celle que la Révolution a fini par détruire. » en parlant de la bourgeoisie. Il explique dans son pamphlet Projet de leurrer le peuple que la fin du féodalisme n’est pas suffisant pour la révolution.

Marat défend la violence du peuple, qui selon lui, ne se révolte que parce qu’il veut abattre un système tyrannique. Il préfère défendre ceux qui subissent au quotidien l’oppression que quelques personnes violentées lors des mouvements révolutionnaires.

Marat méprise les ennemis du peuple mais il méprise aussi certaines erreurs du peuple (quand le peuple accorde sa confiance à Necker). Pour Marat, il faut qu’un chef suprême prenne la tête de la révolution pour qu’elle aboutisse à quelque chose de satisfaisant.

   Lutte des classes et luttes de libération nationale

En 08/1791 : L’Autriche et la Prusse veulent attaquer la France. Les troupes révolutionnaires vont se défendre. Marat ne comprend pas que le peuple sur lequel l’armée a tiré à Nancy et sur le Champ-de-Mars aille se battre pour cette armée. C’est sans doute une des prémices de l’idée que la lutte des classes internes vaut mieux que les luttes de libération nationale.

Il change d’avis après les épisodes révolutionnaires du 10/08/1792. A partir de ce moment-là, Marat défend l’idée que la France doit se défendre face à la Prusse car c’est un peuple courageux qui a mis son roi en fuite. Il y a donc des changements de position en fonction des évènements et des matérialités.

Gauchistement votre,

Le Gauchiste